COMPRENDRE L'INTERNET Version 1 Fev 95 Jean-Luc Archimbaud (jla@urec.fr) CNRS/UREC, Direction de l'IMAG, 46 av Felix Viallet, 38031 Grenoble Cedex Cet article a ete publie dans une monographie appelee "L'Internet professionnel" de 450 pages (CNRS Editions ISBN 2-271-05256) sortie en mars 1995. Pour plus d'informations sur cet ouvrage, contacter Corinne Gouachon au (1) 45 33 16 00 ou consulter sur l'Internet http://www.urec.fr/internet.pro ou le repertoire pub/publis_urec/internet.pro sur le serveur FTP anonymous ftp.urec.fr On peut utiliser l'Internet, pour ses activites professionnelles ou privees, sans savoir ce que ce terme recouvre. Neanmoins une connaissance succincte des elements et des principes de base aidera a comprendre sa puissance, a accepter ses lacunes, a respecter les autres utilisateurs et, globalement, a l'utiliser plus efficacement. C'est le but de cet article. Il n'y a pas UNE definition de l'Internet qui fasse l'unanimite et qui couvre en une phrase les differents aspects sous lesquels on peut le percevoir. C'est neanmoins une realite avec plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs, une majorite venant historiquement des mondes de la recherche et des universites. Les paragraphes suivants essaient de presenter l'Internet sous des angles differents. Le premier chapitre se veut general (les particularites, les operateurs, les couts, l'histoire, la communaute, les autoroutes de l'information, l'avenir) ; le second etant un peu plus technique (les methodes de connexion, les services, les infrastructures, les protocoles, les instances). L'eclairage se veut realiste et concret, et le theme des , o combien couvert par les medias ! n'y occupe qu'une demi-page dans les 24 pages qui suivent. Il n'est decrit, parfois de maniere simplifiee, que l'etat actuel en France, ce qui existe, ce qui est utilisable par une personne lambda, et non ce qui pourra se faire dans le futur sur ce reseau ou ce qui demande des competences techniques particulieres. L'Internet sans technique Les particularites perceptibles L'Internet, bien que constitue de nombreux reseaux differents, apparait comme un seul grand reseau, et, avec un logiciel tel que Mosaic, comme une seule base d'informations ; cela avec des parfums d'ouverture, de democratie, de liberte et parfois une apparence de gratuite. Voici quelques caracteristiques marquantes. Le reseau est immense par le nombre d'utilisateurs et de stations, mais aussi par le nombre de liaisons et leur debit (jusqu'a 4 millions de caracteres par seconde en France). Tous les ordinateurs peuvent etre utilises sur l'Internet. Un modele ou un constructeur d'equipement informatique n'est pas impose. Cela quelles que soient leur taille et leur marque. Il faut neanmoins que ces machines parlent le meme langage pour communiquer sur le reseau. Cette langue appelee protocole de communication est TCP/IP (Transport Control Protocol/Internet Protocol). Les distances et les frontieres semblent abolies. Ainsi, pour un utilisateur sur un campus, interroger une machine en Australie ou dans le bureau d'a cote se presente generalement de la meme maniere. Il n'y a pas besoin de visa pour atteindre l'Australie, les services sont les memes et les commandes sont identiques. Une egalite des ordinateurs et des individus, en particulier dans la maniere de les designer, existe. Avec le nom d'une station, on ne peut pas savoir s'il s'agit d'un Atari ou d'un Cray. Muni de l'adresse electronique d'un utilisateur, on ne peut pas en deduire sa place dans l'organigramme de sa societe ou son appartenance a une caste quelconque. Il n'y a pas de signe exterieur de richesse ou de religion. Les utilisateurs sont accueillants, souvent prets a donner des conseils aux nouveaux venus et a faire partager leur experience. Est-ce une communaute ? Personne ne controle ou surveille les services qui sont utilises entre les individus ou les stations ainsi que le contenu des echanges. C'est un reseau totalement ouvert du point de vue de ce qu'il transporte. La liberte totale d'expression est pratique courante. Generalement, dans les forums, la participation aux discussions est ouverte a tous, et tous les participants peuvent s'exprimer de maniere equivalente. Les informations proviennent directement de la source et sont diffusees sans reecriture ou filtrage. Si un evenement est annonce sur l'Internet, ce n'est jamais a travers un circuit journalistique complexe, mais le plus souvent par un participant a l'evenement qui decrit ce qu'il a vu. Tout semble gratuit. Beaucoup de bases de donnees sont publiques et gratuites, la plupart des logiciels sur les ordinateurs sont du domaine public et il n'y a generalement pas de facturation individuelle selon l'utilisation que l'on fait du reseau. Cela permet aux utilisateurs d'user du reseau des qu'ils en ont besoin, aux debutants d'essayer des services, de decouvrir des choses interessantes sans avoir un chronometre sous les yeux. Cela peut induire aussi certains abus... Toutes les caracteristiques ci-dessus sont autant d'atouts pour l'Internet. Une comparaison, peut-etre osee, pourrait etre faite avec le reseau Teletel. Sans conclure hativement, on peut constater que ce dernier a souvent les caracteristiques inverses : reseau (presque) limite a la France, debits tres faibles, equipement specifique necessaire (Minitel ou emulateur sur ordinateur), controle de l'utilisation de tous les services, pas ou peu de dialogue direct entre utilisateurs, et surtout une facturation penalisante pour l'utilisateur. Mais cela ne doit pas ternir l'idee novatrice de Teletel, qui etait de distribuer gratuitement un terminal informatique a chaque foyer. Certaines mauvaises surprises peuvent attendre le nouvel arrivant sur l'Internet et peuvent donner lieu a un rejet total. C'est un labyrinthe. Il n'y a pas de guide et l'on risque de se perdre. On a meme ecrit un document au titre tres evocateur de . Le labyrinthe est bien reel, et il n'y a pas de recette miracle, il faut de la pratique. Il est necessaire d'installer et d'apprendre a utiliser correctement les outils informatiques dont on a besoin, de reperer les listes utiles, les adresses cles et les sites ou l'on sait trouver la matiere que l'on recherche. Pour ce faire, il est primordial d'avoir un initiateur qui a les memes poles d'interet que le nouveau venu pour l'aiguiller sur les informations interessantes. Il y a tout et n'importe quoi comme information. Comme certaines informations qui circulent ne sont validees par personne et qu'il est tres simple d'en emettre, certaines ne presentent aucun interet, ne sont pas triees, sont obsoletes, voire fausses... Au depart cela parait choquant. Mais un kiosque a journaux est-il different ? Le service n'est pas garanti. Concretement, un jour, un utilisateur lit une information sur un ordinateur de l'Internet. Le lendemain, il ne peut plus y acceder. La liaison est momentanement interrompue, l'ordinateur est arrete ou bien l'administrateur du serveur a decide de changer l'organisation des informations sur la machine. Ces petits ennuis sont tres horripilants lorsque l'on debute. Mais, n'etant pas tres courants, les utilisateurs s'y habituent. Quand on ne peut acceder a quelque chose, il faut essayer un peu plus tard ou chercher sur une autre machine. Les reseaux et les operateurs L'Internet est totalement decentralise, il ne comporte aucun site central d'ou on pourrait en surveiller la bonne marche et il n'est pas gere par un administrateur unique. Il est forme d'un ensemble de reseaux. Ici le terme est a prendre au sens d'ensemble de liaisons, d'equipements de communication, de services sous le controle d'une (societe commerciale, association 1901, Groupement d'interet public...). Chacun de ces reseaux a ses propres regles administratives, ses clients, ses tarifs, ses services et ses operateurs (ses personnes qui font fonctionner les appareils). Au CNRS et dans l'enseignement superieur, on a affaire principalement a cinq types de reseaux, correspondant a des couvertures geographiques differentes : - reseau local, de laboratoire, controle par le laboratoire et dont la bonne marche est confiee a un ingenieur reseau, ou un ingenieur informatique, ou un chercheur passionne de telecommunication ; - reseau de campus, gere par une representation des composantes du campus (universites, laboratoires...) et dont les operateurs sont une petite equipe locale, souvent les ingenieurs reseau du centre de calcul (appele aussi centre de ressources informatiques) ; - reseau regional avec le qualificatif de recherche, controle par une structure de type association 1901, les adherents etant les sites connectes par le reseau regional : universites, CNRS, grandes ecoles... Dans toutes les regions, l'operateur en est France Telecom, aide generalement par un groupe d'experts venant des sites membres qui veillent a l'evolution technique du reseau ; - reseau national, Renater, qui interconnecte les reseaux regionaux et fournit les acces internationaux. L'operateur est, la aussi, France Telecom ; - reseau international, constitue des liaisons entre les differents pays. Des structures telles que Ebone en Europe ou des societes telles que Sprint font fonctionner ces liaisons et les equipements. Les structures sont souvent tres complexes, avec de nombreux sous-traitants, et sont en perpetuelle transformation. Plus particulierement destines aux entreprises et aux particuliers, il existe aussi un certain nombre de reseaux, administres par des prestataires de services d'acces a l'Internet. Ce sont des societes commerciales ou des associations 1901. Les operateurs de ces reseaux sont generalement des personnels de ces societes. Selon les reseaux, ils utilisent comme liaisons les reseaux publics (telephone, Transpac, Numeris), ou/et des liaisons permanentes louees. Certains possedent aussi leurs propres liaisons internationales. Une des caracteristiques francaises est qu'actuellement toutes les liaisons sur le territoire national doivent etre louees a France Telecom. Ce monopole est incontournable. Neanmoins, suivant les reseaux, le role de France Telecom peut etre de : - mettre a disposition les liaisons sous forme de location. Dans ce cas, au sens Internet, il ne sera pas l'operateur du reseau ; - louer des liaisons et, en plus, fournir et faire fonctionner les equipements de communication que l'on trouve sur l'Internet (routeurs en particulier). Il sera alors operateur. Pour que la communication entre deux utilisateurs clients de deux reseaux differents soit possible, il faut que ces deux reseaux aient etabli un chemin entre eux. Cela est tres simple techniquement. Mais financierement, il faut aussi que chaque reseau, concurrent de l'autre, y trouve son compte. Generalement, la volonte d'offrir une connectivite maximale est la motivation qui fait aboutir ce genre de negociation, quelquefois sous la pression des utilisateurs. Cela n'empeche pas que, dans certains cas, pour communiquer entre deux reseaux francais, on passe par Amsterdam ou par Washington. Generalement, ce sont des equipes tres legeres qui font fonctionner ces reseaux, avec quelques specialistes. Deux principaux termes generiques sont employes dans l'Internet pour designer ces equipes et leurs taches. Le terme NOC (Network Operation Center) designe l'equipe qui fait marcher (installe, surveille, repare...) les equipements, ou l'endroit ou ce travail est fait ; NIC (Network Information Center) indique l'equipe qui a plutot des taches administratives (enregistrement des acces, distribution de noms et d'adresses), d'assistance aux utilisateurs et de diffusion d'informations. Les couts dit le chercheur. dit le P-DG de la PME. Malgre les impressions de nombreux utilisateurs du monde academique, l'Internet n'est pas gratuit. Il y a d'abord le prix des services tels que les couts d'utilisation de serveurs distants (pour effectuer des calculs, pour echanger des messages...) ou des consultations de bases de donnees. Les reseaux, au sens du terme defini precedemment, qui forment l'Internet n'interviennent pas dans cette facturation. C'est le fournisseur du service (centre de calcul, gestionnaire de bases de donnees...) qui facture directement les utilisateurs et il n'y a pas de modele standard. Rappelons que jusqu'a present de tres nombreuses bases de donnees sont en acces gratuit. L'autre facturation vise a couvrir l'achat et l'entretien des equipements de communication, la location des liaisons, ainsi que le salaire des operateurs. Dans l'Internet, on ne facture pas au volume (au nombre de caracteres recus et envoyes), mais au forfait. Dans le cas de liaison permanente pour rejoindre un point d'acces (reseau regional ou prestataire de services), ce forfait est un abonnement mensuel ou annuel avec un cout d'installation. Le prix depend du debit de la liaison. Dans le cas d'un acces par un reseau public, comme le reseau telephonique, au forfait, peut s'ajouter un cout horaire de connexion. L'option du forfait n'est pas vraiment une volonte deliberee, c'est une difficulte technique liee a l'utilisation des protocoles TCP/IP. Cela serait possible, mais les equipements, les developpements logiciels necessaires et le processus de facturation couteraient beaucoup plus cher que le service de base rendu (prix des liaisons et des equipements de communication). Si l'on reprend les cinq types de reseaux cites precedemment, on constate qu'en general : - l'equipement et le fonctionnement des reseaux locaux sont a la charge des laboratoires ; - l'equipement des reseaux de campus a ete finance par les composantes du campus avec une aide non negligeable de leur organisme de tutelle. Les couts de fonctionnement, qui avaient d'ailleurs parfois ete oublies lors de la conception du reseau, sont a la charge des laboratoires, universites, ecoles. C'est souvent un forfait annuel, calcule au prorata du nombre de prises, ou de batiments, ou de chercheurs. Cette facturation est geree par l'operateur du reseau de campus. Si l'on n'inclut pas les couts de personnel, les prix sont minimes ; - les reseaux regionaux de recherche sont finances par les sites abonnes a ces reseaux avec une aide des collectivites territoriales (conseil regional, conseil general, ville...). La facture se compose d'un cout d'installation et d'un abonnement mensuel, proportionnels au debit de la prise de raccordement. L'operateur, France Telecom dans la plupart des cas, emet et recouvre les factures ; - le reseau national Renater est finance par les organismes membres du GIP (enseignement superieur, CNRS...) suivant un regime forfaitaire, chaque membre ayant un pourcentage de participation ; - les liaisons internationales sont financees par les reseaux qui les utilisent, en particulier les deux extremites, avec divers accords financiers. La moitie de la liaison entre Renater et Washington est payee par Renater, l'autre par la NSF. De leur cote, les reseaux des prestataires de services sont finances par leurs clients, avec differents types de facturation, le forfait etant le principal modele.Un schema similaire se retrouve souvent dans les autres pays. Ainsi, lors d'un appel vers un site aux USA (pour employer un langage de telephoniste), l'utilisateur francais (a travers son laboratoire et son organisme) ne paie pas toute la communication, mais uniquement ce qui va jusqu'a la liaison transatlantique. C'est le correspondant americain qui paie le reste. Sans etre partisan, il est permis de dire, en comparant avec d'autres reseaux, Teletel par exemple, que le prix d'une connexion a l'Internet n'est pas cher par rapport aux services offerts. Un peu d'histoire des reseaux de la recherche en France On peut considerer, sous l'angle technique, que l'Internet est ne aux Etats-Unis au debut des annees 70 quand l'ARPA (Advanced Research Project Agency) decida de relier ses principaux centres de recherche pour partager les equipements informatiques, echanger des donnees et du courrier. Ce reseau qui demarra avec quatre nouds fut appele ARPANET et utilisa d'abord un protocole de communication similaire a X25, qui est le protocole actuellement en usage sur le reseau public francais Transpac. C'est en 1972 que commencerent les specifications des protocoles TCP/IP avec l'experience de l'usage de X25 sur ARPANET. Le but etait de concevoir un reseau qui resiste a des attaques militaires telles que des bombardements. Ainsi, il ne devait pas y avoir de point nevralgique dans le reseau, dont l'arret aurait provoque le blocage complet de celui-ci, et les donnees devaient pouvoir automatiquement prendre un chemin different en cas de coupure de liaison. D'ou l'absence de controle centralise dans l'Internet et un cheminement dynamique des donnees. C'est en 1983 que TCP/IP remplaca completement les anciens protocoles similaires a X25 sur ARPANET. En meme temps, dans les annees 80, le systeme Unix BSD 4.1 avait inclus TCP/IP en natif dans son noyau. Malgre une idee tres repandue, Unix n'est pas a l'origine de TCP/IP. Il l'a tout simplement integre comme son mode privilegie de communication reseau. Mais on ne peut nier que le succes d'Unix a entraine dans son sillage celui de TCP/IP. Du reseau ARPANET, on est assez vite passe a l'Internet. Depuis ces annees, aux Etats-Unis, l'evolution de l'Internet continua sur ces bases techniques sans remise en question et sans veritable concurrence. L'Internet a d'abord ete concu pour les besoins des chercheurs. Des l'origine, il y a eu des entreprises privees sur ce reseau, mais c'etait la plupart du temps uniquement le departement recherche et developpement qui etait connecte, pour des echanges avec les laboratoires de recherche publics. En France, l'histoire des reseaux de la recherche a ete beaucoup plus mouvementee. Les vous parleront de Cyclades qui fut une experience reussie d'interconnexion de centres de recherche. Cyclades n'etait qu'un projet de recherche et resta sans suite pour les chercheurs. En parallele, le projet RCP mit en ouvre les premiers logiciels X25. C'est la societe commerciale Transpac qui fut chargee de developper ce type de reseau au niveau national avec des objectifs purement commerciaux. Ulterieurement, plusieurs tentatives de mise en place d'un reseau national de la recherche resterent sans succes. Outre les problemes politiques, ces echecs etaient dus a l'absence d'un reel besoin d'interconnexion massive (l'informatique et les telecommunications n'avaient pas la place qu'elles ont aujourd'hui), a la concentration des moyens informatiques dans quelques centres de calcul qui connectaient leurs utilisateurs et disposaient de liaisons entre eux, et a l'absence d'un modele de reseau et d'un protocole qui fassent l'unanimite. Apres ces tentatives avortees de creer du neuf, l'idee fut de construire avec l'existant. Certains ont entendu parler de REUNIR (REseau des UNIversites et de la Recherche). Cette association loi 1901, tres active a la fin des annees 80, ne crea pas, malgre son nom, un reseau, mais essaya d'utiliser l'existant, les liens qui existaient entre les centres de calcul et entre certains laboratoires, afin d'ameliorer le niveau de connectivite, selon le modele de l'Internet. Mais ces liaisons supportaient des protocoles de communication differents, des financements divers, des operateurs multiples... et la tache fut trop lourde. TCP/IP etait encore loin de faire l'unanimite. Ce protocole n'etait utilise que sur 10 % des liaisons existantes. Les recommandations de REUNIR a un moment furent d'ailleurs d'utiliser X25. De plus, la principale fonction demandee a cette epoque a un reseau, la messagerie, etait assuree par ailleurs dans EARN (cf. ci-dessous). L'association REUNIR fut neanmoins le lieu ou tous les ingenieurs reseau du monde academique se rencontrerent, echangerent des experiences, ce qui augmenta globalement les competences de chacun et crea un reseau humain fondamental pour mettre en place un reseau national. A partir de 1984, IBM financa presque entierement la mise en place d'un reseau europeen EARN (European Academic and Research Network) base sur des protocoles proprietaires IBM (NJE, RSCS...). En France, de nombreuses liaisons entre des laboratoires ou des centres de calcul furent installees et des ordinateurs furent meme donnes par IBM dans certains sites. Ce reseau connut un tres grand succes. Mais, techniquement, EARN avait des lacunes enormes, equipements et logiciels tres chers (en 1988, quand IBM se desengagea financierement, la facture apparut importante), administration lourde et centralisee, nombre de stations limite, ainsi qu'un manque de services et une impossibilite d'evolution. La messagerie etait la seule fonction utilisable entre ordinateurs heterogenes. L'arrivee des reseaux regionaux et de Renater rendit EARN superflu. Les dernieres liaisons EARN en France viennent de disparaitre et l'association EARN-France a ete dissoute. Ce reseau eut le merite de rendre tres populaire l'utilisation du courrier electronique. Ajouter sur sa carte de visite une adresse de la forme DUMAS AT FRMOP11 (format EARN) devint un signe ostentatoire de modernisme. A noter que les administrateurs des sites EARN participaient aux reunions de REUNIR, il n'y avait donc pas deux communautes separees. A la meme epoque, une troisieme structure a monte un autre type de reseau. En reunissant au depart des centres de recherche en informatique, ce reseau, avec peu de liaisons et peu de moyens, s'est developpe en utilisant d'abord les protocoles du monde Unix, UUCP, puis ensuite TCP/IP, et en offrant des services de messagerie et de diffusion des news. D'abord au CNAM, ces services migrerent a l'INRIA et furent connus sous le terme FNET, maintenant association 1901. Ce reseau a ainsi joue un role de precurseur et a ete le premier pied de l'Internet en France. Cela explique la delegation de la fonction de NIC pour la France a l'INRIA. De meme que pour EARN, la communaute de la recherche publique s'est detournee de FNET au profit de Renater, finance au niveau national, et qui dispose de liaisons bien plus importantes que FNET. Une association loi 1901, ARISTOTE, vit aussi le jour durant cette periode. Avec des objectifs plus prospectifs, elle permit de faire decouvrir et de faire emerger de nouvelles technologies de reseau et de nouvelles applications. ARISTOTE est egalement connu pour ces cycles de seminaires. Comme on peut le voir, les initiatives ne manquerent pas a la fin des annees 80, signe revelateur de besoins reels. Avant Renater existaient deja beaucoup de moyens de communication entre les centres de recherche en France, mais pas avec le confort actuel du aux debits des liaisons et a l'interconnexion transparente a l'utilisateur de tous les reseaux. La fin des annees 80 vit une transformation radicale. L'informatique se retrouva dans les postes de travail d'utilisateurs, et non plus dans la salle machine du centre de calcul. Il fallut interconnecter tous ces systemes. Les laboratoires et les campus installerent alors des reseaux Ethernet pour assurer les echanges d'informations entre ces stations et faciliter l'acces a des serveurs plus puissants. Les stations etant souvent sous Unix, le protocole dominant fut tres rapidement TCP/IP. Du fait de l'eclatement des universites sur plusieurs campus et du besoin de communication avec d'autres universites proches, des reseaux regionaux se sont mis en place dans certaines regions. Il manquait alors les maillons national et international. Peu apres le debut de la mise en place des reseaux regionaux, l'idee (et plus que l'idee, le besoin) de construire un reseau national, en se basant sur les infrastructures regionales en place, devint une priorite pour les organismes de recherche. Apres une phase d'etudes concernant le support eventuel des protocoles TCP/IP, DECNET, SNA, X25, on se mit d'accord sur TCP/IP, de meme que sur le principe d'interconnecter les reseaux regionaux et de confier l'exploitation du reseau a France Telecom. Lorsque Renater fut mis en exploitation, des milliers de chercheurs francais se sont ainsi apercus qu'ils faisaient partie du plus gros reseau informatique du monde, l'Internet. Pour en arriver la, il a fallu fournir beaucoup de travail technique et endurer de longues negociations. Selon le principe d'Internet, le reseau IP francais pour la recherche s'est construit par le bas, en partant des laboratoires puis des campus et en passant ensuite par la region, avant de passer au projet national. Actuellement, le developpement de l'infrastructure Internet en France se fait surtout du cote des operateurs prives qui offrent les services de l'Internet aux entreprises et aux particuliers. Dans le monde academique, l'accent est mis sur la promotion et l'organisation des services tels que WWW. Il y a donc un calme relatif sur l'infrastructure et les protocoles de communication. Cette accalmie sera mise a mal avec l'arrivee de nouvelles technologies telles que ATM, et de nouvelles applications comme la video et le son, qui peuvent donner naissance a un nouveau modele de reseau national de la recherche. Un reseau doit s'adapter aux besoins, c'est une question de survie. Les standards TCP/IP, de par leur origine peu conventionnelle (monde informatique et pas telecoms), ont ete longtemps rejetes par les operateurs publics de telecommunication qui ont leurs organismes officiels de standardisation (ITU ex-CCITT, entre autres) et par la Communaute europeenne. Dans l'Internet, tout etait decide aux Etats-Unis (cela est bien moins vrai actuellement), aussi l'industrie europeenne etait loin de tout ca, donc absente des marches. D'ou la reticence, le terme est faible, des autorites europeennes a l'utilisation de ce protocole. C'est ainsi qu'en Europe on a longtemps essaye de proner et de pousser a l'utilisation des protocoles OSI qui sont une solution de remplacement a TCP/IP souvent restee a l'etat de norme sur le papier, sans passer a la realisation de produits utilisables. Cela a donne lieu a des polemiques sanglantes qui maintenant se sont eteintes. Le raz de maree TCP/IP, comme Unix pour les stations de travail, a tout balaye. Provisoirement ? La communaute On parle des utilisateurs de l'Internet comme d'une communaute, donc, par definition, d'un groupe dont les membres vivent ensemble, ont des biens et des interets communs et observent les memes regles. L'utilisateur de l'Internet n'est donc pas un consommateur qui achete en essayant d'en avoir le maximum pour son argent, et proteste quand la marchandise est de mauvaise qualite. Cette notion de groupe solidaire peut d'abord s'expliquer par la construction du reseau et des services. Il n'y a pas eu un beau (et grand) jour une inauguration de l'Internet. Il s'est construit petit a petit, artisanalement, sans aide technique officielle (documentation, hot line...). Au depart, il n'y avait souvent que des utilisateurs passionnes qui essayaient de faire fonctionner les differents elements mais pas de permanents affectes a cette tache. Ces premiers utilisateurs ont souvent transpire pour que . Les plus anciens ont toujours conseille les nouveaux, le bouche-a-oreille, au sens propre ou via la messagerie electronique, remplacant les manuels d'installation et d'utilisation. Encore maintenant, si vous rencontrez un probleme pour installer un logiciel par exemple, vous pouvez, grace au bon forum electronique (newsgroup) dans lequel vous exposez votre probleme, obtenir des dizaines de reponses dans la journee. Chacun a ainsi apporte, et continue a apporter sa petite pierre a l'edifice Internet. Etant acteur, chaque utilisateur se sent implique dans la bonne marche du reseau et ne va pas essayer d'abuser ou de truander. Ce n'est bien evidemment pas une loi absolue, il y a toujours des brebis galeuses, des hackers... mais leur nombre est infime par rapport aux autres. Heureusement, car si le pourcentage de ces derniers augmentait, l'Internet dans sa forme actuelle n'y survivrait pas. Ainsi les fondations de l'Internet reposent beaucoup sur la confiance et la cooperation, avec un etat d'esprit, l'esprit Internet. La fonction initiale de ce reseau est aussi un element d'explication. Bien que ne dans un pays ou l'argent est roi, le reseau n'a pas ete concu pour faire du business, mais pour faciliter les echanges, au sens large, entre les chercheurs. Et ces echanges se faisaient, et se font toujours, entre chercheurs, en ignorant l'argent. Ainsi les objectifs de rentabilite, facturation, propriete, contrepartie financiere... etaient rarement presents. Les chercheurs, premiers utilisateurs, ont evidemment transpose leur mode de pensee et leurs pratiques sur l'Internet. Cette population est, par exemple, tres independante. Elle supporte peu les contraintes comme les reglements officiels et les decisions technocratiques, et prefere les recommandations acceptees consensuellement. Les reseaux qui forment l'Internet ont ainsi des ecrites ou tacites qui sont des regles de deontologie. De meme une certaine ethique, comme dans la recherche fondamentale, est latente dans l'utilisation de ce reseau. Un chercheur souhaite autant que possible publier gratuitement le resultat de ses recherches et faire en sorte qu'il soit le plus largement accessible. Il lui parait normal (c'est meme un objectif) de deposer son rapport de recherche sur une machine pour qu'il puisse etre lu par le maximum d'autres chercheurs. D'ou l'habitude de mettre a disposition des documents sur l'Internet. La recherche demande d'innover chaque jour, et le developpement de nouveaux outils comme des logiciels pour les experiences est une obligation. Lie au manque d'argent, cela a ete un element moteur pour la production, la diffusion et l'utilisation de logiciels gratuits. Les chercheurs etant tres frequemment des specialistes pointus dans leur domaine, ils ne sont souvent qu'une poignee dans le monde a mener des recherches sur le meme theme. Ils ont ainsi besoin d'echanges avec leurs homologues aux quatre coins du monde, donc besoin de communiquer sans frontiere. Ainsi l'Internet ignore les frontieres. Cette communaute n'a pas vraiment developpe un langage code, impermeable aux beotiens. Au contraire, ces dernieres annees, de nombreux documents comme les FYIs ont ete publies pour expliquer les bases aux nouveaux arrivants. Si langage code il y a, c'est surtout pour essayer de reproduire une mimique par quelques caracteres (:-) ou :) indique un sourire, :-Q un eclat de rire, 8-) la surprise, :-( la grimace...) ou utiliser des abreviations pour diminuer le nombre de caracteres a taper sur le clavier (FYI pour For Your Information, par exemple). Une famille peu connue du grand public a porte souvent a bout de bras l'Internet et continue a ouvrer pour sa bonne marche. Ce sont les , specialistes passionnes des reseaux TCP/IP qui connaissent tous les documents de standardisation et la plupart des materiels de communication (avec leurs bogues...). Ils ont construit techniquement l'Internet et ils resolvent les problemes difficiles tels que ceux lies aux interconnexions. Actuellement, ils participent aux groupes de travail de l'IETF. Souvent desinteresses financierement, ce sont eux qui veillent techniquement a la bonne marche de cet ensemble et ils sont toujours prets a intervenir en cas de gros probleme. Ils sont aussi les premiers a defendre par tous les moyens leur reseau et a trouver les parades et les punitions aux comportements anti-Internet (cf. l'affaire du cabinet d'avocats Laurence Canter et Martha Siegel, pour ceux qui lisent la presse a sensation de l'Internet). Comment va evoluer cette communaute avec l'arrivee de purs consommateurs, qui ignorent ces regles de savoir-vivre, et des societes a but uniquement commercial ? Faut-il mettre tout le paragraphe precedent au passe et considerer les membres de la communaute Internet comme des utilisateurs de Minitel ? Pour l'instant, en France, la population Internet reste a majorite academique. Aux Etats-Unis, ce n'est deja plus le cas. Actuellement, il n'y a pas encore de desintegration, ni de scission entre les pionniers et les nouveaux venus. Mais les anciens voient maintenant souvent arriver les nouveaux - surtout quand c'est par paquets de plusieurs centaines de milliers - d'un tres mauvais oeil. Les autoroutes de l'information L'Internet est actuellement le plus grand reseau informatique du monde. Il couvre l'ensemble des pays riches, il fonctionne bien avec des temps de reponse corrects et peut etre utilise depuis n'importe quel domicile. Les outils pour l'utiliser, logiciels clients sur PC, Macintosh, stations de travail, s'acquierent aisement. Les informations, les bases de donnees, existent en grand nombre. C'est donc un tres bon exemple concret (et qui marche !) pour les autoroutes de l'information. Cela donne un peu de substance a cette formule magique dont personne ne sait exactement ce qu'elle recouvrira, mais qui a neanmoins reussi a faire l'unanimite au point qu'aucun constructeur et qu'aucun gouvernement ne veut etre a la traine. Mais de la a penser que l'Internet dans son etat actuel, technique et organisationnel, sera la base de ces autoroutes de l'information, il y a un pas que certains franchissent un peu trop rapidement. C'est un bon modele si l'on se restreint a l'aspect informatique des autoroutes. Mais tous les services qui se rapprochent de la television, meme du futur, ne sont pas actuellement le creneau de l'Internet. Il n'a pas ete techniquement concu pour etre efficace dans ce genre de communication. Meme s'il peut assurer certaines diffusions de conferences, ce n'est pas le support utilise par CNN pour atteindre tous les foyers du monde. Et, quoi que l'on imagine derriere cette formule marketing d'autoroutes de la communication, la television y jouera un tres grand role. Par contre, l'Internet est un bon prototype de ces autoroutes pour son aspect interactif, ou tous les utilisateurs peuvent dialoguer, apporter leurs experiences ; en un mot, participer. L'avenir En se referant a des donnees fiables, comme celles que l'on trouve dans les de l'Internet (DNS), le nombre de machines et de reseaux sur l'Internet double chaque annee. Le nombre d'utilisateurs suit evidemment cette courbe. Bien que l'on ne sache pas les compter avec precision, on semble d'accord actuellement sur un nombre d'utilisateurs entre 20 et 30 millions. Cette expansion se deroule sans trop de douleur. L'utilisation d'Internet a evolue avec le temps. A l'origine, il a beaucoup ete utilise pour des services classiques informatiques. Puis, les communications de personne a personne comme la messagerie et les news ont represente une grosse partie des communications. Depuis peu, ce sont les services d'acces a l'information, Ftp anonyme puis Gopher et maintenant tres largement WWW, qui dominent. Demain ce seront peut-etre les services de diffusion video. L'Internet a su s'adapter a ces changements de taille et de services sans probleme. Il est presque certain que cette expansion va continuer. L'avenir est donc rose si l'on ne regarde que le marche en termes de clientele. Mais il y a pas mal d'interrogations et de nombreuses preoccupations sur la forme que va prendre l'Internet suite a cette explosion. D'abord liees aux profils des nouveaux utilisateurs. Passer de chercheurs a des consommateurs peut poser et posera certainement de gros problemes. L'esprit perdurera-t-il ? L'Internet deviendra-t-il le Minitel rose ? Les regles de bon usage seront-elles suffisantes ? De meme pour l'utilisation commerciale (publicitaire en particulier) de l'Internet, cela se fera-t-il en respectant les autres utilisations ? Un autre sujet, beaucoup plus technique, posait de gros problemes. Le nombre d'adresses disponibles pour les machines connectees sur l'Internet (actuellement sur 4 octets) s'epuisait. Ainsi, a tres court terme, on risquait de ne plus pouvoir accepter de nouveaux utilisateurs. La seule solution etait d'imaginer un nouveau TCP/IP (avec des formats differents de datagramme...). La crainte a augmente quand un nouveau TCP/IP a ete presque impose de force par l'autorite supreme de l'Internet, l'IAB, et a completement ete rejete par les techniciens. Ensuite, la sortie de plusieurs propositions differentes et incompatibles d'evolution n'a fait qu'augmenter la tension. N'allait-on pas avoir plusieurs reseaux avec des protocoles differents ? Mais durant l'ete 94, l'IETF, instance technique de l'Internet, a tranche et retenu une seule solution, appelee IPv6 (ou IPng). L'adressage sera sur 16 octets, ce qui permet a chaque habitant du monde de connecter plusieurs dizaines de machines sur l'Internet. Toute la communaute semble avoir accepte cette evolution. La premiere etape est donc franchie. En revanche, il va falloir migrer en douceur tous les logiciels sur toutes les stations de l'Internet ! Dur travail qui va s'echelonner sur plusieurs annees ! La securite est egalement un sujet de preoccupation. Le nombre d'utilisateurs explosant, le climat de confiance disparaissant, les donnees circulant etant plus commerciales, tout cela peut augmenter la . Va-t-il falloir chiffrer toutes les communications, mettre en place d'autres systemes d'authentification que le mot de passe ? La securite n'a pas ete prise en compte dans la definition de TCP/IP ni dans la construction du reseau. Sait-on, par exemple, qu'il n'y a pas de confidentialite ni de garantie de l'expediteur dans la messagerie electronique que l'on utilise actuellement sur l'Internet. Des solutions organisationnelles telles que les CERTs (pompiers), ou techniques telles que les mises en ouvre dans quelques sites, sont disponibles. Mais elles ont ete rajoutees a posteriori dans l'Internet et ce sont des systemes lourds et couteux. Des groupes de travail de l'IETF ouvrent afin d'ameliorer la securite des applications existantes et d'ajouter des fonctions de securite dans IPv6. Le danger peut egalement venir des gouvernements ou des operateurs nationaux de telecommunication. En effet, ce reseau n'est pas controle et ne connait pas de frontiere. C'est le support ideal pour la libre circulation des idees. N'est-ce pas un danger pour certains Etats ? Ce reseau a un cout derisoire compare aux memes services que pourraient offrir les geants des Telecoms. En situation de monopole quant aux infrastructures, ne vont-ils pas retarder le developpement d'un tel reseau ? Meme si ces deux elements ne mettent pas en danger l'Internet, ils joueront un role determinant dans son evolution. L'Internet, avec un peu de technique La connexion Avant de pouvoir utiliser les services de l'Internet, il faut disposer de certains materiels et connecter (raccorder) ceux-ci a ce reseau. Dans de nombreux articles de presse ou l'on designe l'Internet sous les termes d', , , ... on oublie de preciser ces deux pre-requis. Actuellement, il est obligatoire de disposer d'un equipement informatique (micro ou station de travail, en dernier ressort terminal) pour utiliser les services de l'Internet. Cet equipement est generalement designe par le terme generique de station ou de machine. Ainsi, si l'on veut transporter sur ce reseau des images animees ou du son, signaux qui ne sont pas generes par un ordinateur, ces signaux doivent transiter par une station informatique afin d'etre numerises et mis en paquets. Pour cette raison, on pourrait qualifier l'Internet de reseau informatique. Ensuite, il faut connecter physiquement, par un fil, la station au reste de l'Internet. Si celle-ci est sur un reseau local (Ethernet de campus, par exemple), deja connecte a l'Internet, il n'y a (presque) rien a faire, la connexion s'etablit de proche en proche. Si elle est (au domicile, par exemple), il faut la relier a un connecte a l'Internet. Ce point est generalement gere par un prestataire de , qui facture cette prestation. Le lien peut etre realise par une liaison permanente louee a France Telecom ou un abonnement a un reseau public (telephone, Numeris, Transpac). Pour que la machine puisse communiquer avec le point d'acces, il faut aussi ajouter un modem, integre ou non dans l'equipement informatique. L'etape suivante consiste a identifier la station sur l'Internet en lui donnant un nom et une adresse (IP), elements que l'on obtient aupres de certaines instances, NIC-FR en France. C'est generalement l'administrateur du reseau local qui effectue ces demarches, et non chaque utilisateur. La derniere etape consiste a installer sur la machine les logiciels de communication de base (TCP/IP) et les logiciels d'application : Telnet, FTP, mail, WAIS, Gopher, Mosaic... selon ce que l'on veut faire. Les services Par commodite, on peut classer les services en trois familles : classiques (de type informatique), d'acces a l'information et de communication entre personnes. On peut regarder l'Internet avec les lunettes d'un economiste comme un ensemble de consommateurs et de producteurs d'information. Un consommateur utilise l'Internet pour travailler avec une informatique distribuee (connexion en mode terminal sur un ordinateur distant, transfert de fichiers entre ordinateurs, execution partagee de programmes entre plusieurs stations...) ou accede a des informations de tous types (textes, images fixes ou animees, sons, sous differents formats) dans des bases de donnees distribuees avec des outils logiciels tres divers (FTP anonymous, Whois, WAIS, Gopher, WWW...). Ces ressources et ces informations proviennent de producteurs. Ceux-ci peuvent mettre a disposition, rendre accessibles, en controlant les acces et eventuellement en facturant, leurs equipements informatiques (serveurs de calcul, disques, imprimantes...) ou leurs differentes informations (bases de donnees). De nombreux sites sont a la fois consommateurs et producteurs, ainsi cette distinction n'est pas exclusive. Les motivations qui poussent les producteurs, a titre personnel ou pour leur employeur, a mettre a disposition gratuitement des informations sur ce reseau sont multiples (si ce n'est pas gratuit, le but est evident) : - conserver l' : une personne a ameliore un logiciel ou a fait une etude de marche pour son besoin personnel ; cela peut interesser la communaute. Elle diffuse ses resultats. Un autre reprend ces resultats, les ameliore et diffuse une nouvelle version meilleure que la precedente. Les deux personnes retrouvent ainsi leur compte dans cet echange, de meme que l'ensemble de la communaute Internet ; - au sens large : il est simple de presenter son laboratoire, son universite, son entreprise, sa ville, sa culture, son patrimoine historique, avec un catalogue (des recherches, des etudes, des produits, des lieux touristiques...) sur un serveur connecte a l'Internet. Cela remplace les plaquettes en papier glace ; - realiser des economies : pourquoi editer sur papier un annuaire ou des horaires de transports rapidement perimes alors que l'on peut simplement creer une petite base de donnees qui peut etre interrogee depuis l'Internet ; - ameliorer la qualite de la diffusion : l'utilisateur sur l'Internet peut lire ce qui l'interesse a la source, generalement sur la machine du producteur (donc sans intermediaires qui peuvent deformer le document), quand il en a besoin (donc avec de bonnes chances d'avoir une information a jour, la mise a jour cote producteur etant tres facile) et rapidement (il suffit de quelques clics de souris sur sa station) ; - avoir un nombre de lecteurs potentiel de plusieurs millions : argument qui fait actuellement rever de nombreuses societes commerciales. Une troisieme famille de services permet les communications entre personnes, deux a deux (dialogue en temps reel, , messagerie electronique...) ou en groupes avec l'equivalent de forums (listes de diffusion, news...). Des logiciels tres utilises et tres bien rodes existent pour les echanges de textes. Des extensions (ou de nouveaux outils, de teleconference par exemple), encore peu utilisees, permettent maintenant d'envisager d'integrer le son et l'image dans ces echanges. Pour utiliser un des services, il est necessaire d'installer sur son ordinateur le logiciel correspondant. Si l'on est un consommateur, on installera une version cliente, l'ordinateur deviendra , et si l'on est un producteur, une version serveur, l'ordinateur deviendra ou ). Le logiciel client enverra des requetes au logiciel serveur, qui lui repondra. Techniquement, les echanges entre client et serveur sont les plus directs possible. Le passage par une machine intermediaire ou le stockage temporaire des informations sur cette machine intermediaire sont rarement pratiques. Ainsi, pour envoyer un message d'un serveur de messagerie francais vers un serveur de messagerie au Japon, il y a etablissement d'une communication (TCP) directe entre les deux serveurs, sans passer par un serveur national intermediaire, comme cela se pratique dans EARN ou X400 (autres reseaux de messagerie). De meme, un simple micro client, pour acceder a des bases de donnees, etablit directement une communication avec chaque serveur qu'il interroge, sans transiter par un serveur local. Du cote porte-monnaie, une des caracteristiques (negligeable ?) de la majorite des programmes client ou serveur est la gratuite. Ils sont ainsi denommes ou . Eventuellement ils sont , l'auteur demandant de lui envoyer quelques dollars. On peut, evidemment, recuperer les sources sur l'Internet (par FTP anonymous ou autres moyens). Pour Macintosh, par exemple, le seul logiciel a acheter sera MacTCP, qui est le logiciel de communication de base TCP/IP. Le reste (Telnet, Fetch, Archie, WAIS, Gopher, Mosaic...) est gratuit. Une autre particularite de ces logiciels, c'est qu'ils sont maintenant tres conviviaux et ne necessitent pas de culture informatique, mais uniquement une petite pour configurer deux ou trois parametres importants. Il n'en a pas toujours ete de meme. Il y a quelques annees, les logiciels utilisaient intensivement les touches ou , ce qui necessitait l'apprentissage de commandes etranges et demandait une pratique informatique courante. L'Internet etait alors vu comme un reseau reserve a des experts. Les fils En regardant uniquement les composants materiels, on pourrait dire que l'Internet est forme de stations (ordinateurs), de liens (fils) et d'equipements de communication. Ces derniers ont une fonction transparente pour l'utilisateur et souvent nebuleuse pour les beotiens. Ils permettent de raccorder les differents liens, de mettre en forme les signaux qui circulent sur les fils, et de garantir le transport de la source jusqu'au destinataire. Ce sont les modems, les repeteurs, les commutateurs, les routeurs... Pour comprendre un peu mieux le maillage d'Internet une approche consiste a suivre le cheminement des informations a travers les fils en cuivre ou en fibre optique, eventuellement les liaisons satellites. Deux exemples, en se referant aux schemas des pages suivantes (dans ces derniers, R designe un equipement de communication). Soit une station de travail dans un laboratoire de recherche sur un campus a Grenoble. Cette station avec un coupleur Ethernet est connectee sur le reseau local Ethernet du laboratoire. L'utilisateur communique sur cet ordinateur (Telnet, FTP ou Mosaic...) avec une machine au MIT (Massachusetts Institute of Technology) a Boston. Suivons les fils par lesquels va transiter l'information emise par la station. Cette information est transformee en bits puis en signaux electroniques ou optiques. - L'information emprunte d'abord le reseau Ethernet du laboratoire, un cable fin qui assure la desserte locale a 10 Mbits/s (megabits par seconde). - A travers un equipement de communication R, elle passe ensuite sur une liaison optique du reseau du campus. Ce reseau interconnecte tous les batiments du campus par des cables souterrains en fibre optique et permet ainsi a tous les equipements informatiques du campus de communiquer entre eux et leur donne un acces vers l'exterieur. Le reseau de campus est raccorde au reseau regional ARAMIS (Rhone-Alpes) au travers d'un routeur R. - L'information franchit cette porte vers l'exterieur (R) et emprunte alors le reseau regional avec une liaison en cuivre a 2 Mbit/s. Cette liaison rejoint un point de concentration, a Lyon dans le cas d'ARAMIS. - A Lyon, le reseau regional est connecte a la partie RNI (Reseau national d'interconnexion) de Renater via un autre routeur. L'information passe sur Renater et suit une liaison optique a 34 Mbit/s, veritable autoroute Lyon-Paris, pour acceder a Paris au noud de Renater. Destinee a l'etranger, l'information passe alors dans la partie NTI (Noud de transit international) de Renater. De la, l'information emprunte une liaison transatlantique, concretement un cable optique qui part vers la Bretagne puis, sous-marin, traverse l'Atlantique, pour atteindre Washington. - L'information atteindra ensuite le campus du MIT avec un parcours similaire au chemin suivi en France. Autre exemple, legerement different : une PME, dans une zone industrielle de la banlieue parisienne, desire transferer des fichiers vers le laboratoire de recherche de Xerox a Grenoble. Cette PME est cliente d'Oleane, un prestataire prive de services d'acces a l'Internet. Xerox est client du reseau regional ARAMIS. Avec de faibles besoins en reseau et de faibles moyens, la PME utilise un Macintosh avec un modem integre a 14 400 bits/s et le reseau telephonique pour ses communications avec l'Internet. Le chemin emprunte par les informations sera le suivant : - sortie du Macintosh par le modem ; - apres une numerotation classique, utilisation du reseau telephonique (avec un abonnement telephonique standard) pour atteindre le point d'acces d'Oleane ; - utilisation d'une liaison louee a France Telecom pour, depuis le point d'acces d'Oleane, atteindre le NTI de Renater. Oleane est en effet connecte a Renater de cette maniere ; - puis sur Renater, suivi du chemin inverse a l'exemple precedent pour arriver a Xerox a Grenoble. Il est evident que les combinaisons sont multiples. La PME pourrait avoir un reseau Ethernet, avoir une ligne louee vers Oleane, vouloir dialoguer avec le MIT ou l'Allemagne... Les liaisons dans les campus, les reseaux regionaux, Renater... ne sont pas reservees a un couple de communicants mais sont partagees par des milliers, voire des centaines de milliers d'utilisateurs. Ainsi, a un instant donne, des centaines de communications simultanees peuvent voyager sur le meme fil physique. La toile d'araignee de tous ces liens forme l'infrastructure de communication. TCP/IP TCP/IP est le langage commun parle par toutes les stations de l'Internet pour communiquer entre elles ainsi que par certains equipements de communication (routeurs). Code de la route unique, il permet a chaque station de dialoguer avec toutes les autres. C'est le ciment de l'edifice. TCP/IP designe un ensemble de protocoles de communication sur lequel sont construites de tres nombreuses applications. En regardant d'un peu plus pres ces protocoles, on comprend mieux certaines caracteristiques de l'Internet et certains parametrages ou certains messages d'erreur dans les logiciels. C'est le but de ce paragraphe. Les RFCs Sur l'Internet, tous les protocoles et les dialogues entre applications sont definis par des documents qui servent de reference, les RFCs, (Request For Comments). Ces documents sont disponibles sur l'Internet. Tous les utilisateurs peuvent les consulter gratuitement, en particulier les societes qui desirent developper des produits en suivant ces standards. N'importe qui peut proposer un RFC. Ils sont generalement rediges par un ou plusieurs experts techniques a titre personnel et sont souvent le resultat de groupes de travail de l'IETF. Toutes les versions brouillon de nouveaux RFCs sont diffusees sur l'Internet. Chacun peut alors faire des remarques, critiques... a l'auteur. Ces documents, des leur version provisoire, sont une base de reference pour developper des produits sur plusieurs plates-formes differentes. Au bout de quelques mois, apres avoir fait les corrections necessaires suite, entre autres, aux essais d'interoperabilite entre differents produits developpes, les RFCs peuvent devenir vraiment des standards. Le fait d'avoir plusieurs produits testes qui suivent un protocole avant de l'officialiser permet de verifier qu'il est correct, que des produits qui respectent ses specifications peuvent etre crees et qu'ils communiquent entre eux. Ainsi, ces standards sont publics, produits independamment des constructeurs et ils fonctionnent. Ce n'est pas le cas de protocoles constructeurs dont on n'a jamais vu les specifications, ou parfois de normes internationales qui, trop theoriques et trop complexes, n'ont jamais pu etre implementees correctement et donner naissance a des produits operationnels. A noter que certains RFCs, appeles FYI (For Your Information) ne decrivent pas un protocole mais sont simplement des documents d'information destines aux nouveaux venus sur l'Internet. Il existe deja 25 FYIs, parmi lesquels , et . (cf. sur l'Internet ftp://ftp.urec.fr/pub/reseaux/docs/intro-docs/FYIs.) Les adresses et les datagrammes Le protocole de base est IP. Il repose, en simplifiant legerement, sur les principes suivants : - chaque station a une adresse (appelee adresse IP ou numero IP) et cette adresse est unique au monde. Cela presente l'enorme avantage que deux machines connectees sur l'Internet pourront, quand elles le desirent, communiquer entre elles sans ambiguite, en connaissant uniquement leurs adresses. Mais cela demande une gestion centralisee de l'affectation des adresses (NIC), pour garantir l'unicite ; - sur chaque station, l'adresse est affectee par logiciel (commande ifconfig sous Unix, avec MacTCP dans le dossier Tableaux de bord du Macintosh...) ; - elles sont de la forme A.B.C.D, A, B, C, D etant des entiers decimaux dans l'intervalle [0,255], comme 129.88.32.30 ou 193.147.3.120. Ces adresses peuvent apparaitre dans certains messages d'erreur ou dans les fichiers de configuration de logiciels ; - une partie des 4 octets d'adresse IP est l'adresse de reseau et l'autre l'adresse locale. Le NIC delivre les adresses (ou numeros) de reseaux aux administrateurs de reseau (d'une entreprise, d'un laboratoire...). Generalement les numeros de reseaux attribues actuellement sont de classe C (autre terme esoterique que l'on rencontre). Dans cette classe, l'adresse de reseau recouvre les trois premiers octets (A.B.C) avec A pris dans l'intervalle [191,223]. Il reste D pour l'adresse locale. L'administrateur de reseau affecte ensuite, comme bon lui semble, une valeur a D differente a chacune de ses stations. Avec un numero de reseau de classe C, il peut numeroter theoriquement 255 stations (en fait, 253) ; - il n'y a pas (malheureusement ?) une partie de l'adresse qui permette, comme dans la numerotation telephonique, de reperer dans quel continent ou pays se trouve la station, ni sur quel reseau elle est connectee. Il n'y a donc pas une structure organisee, avec un arbre, des numeros de reseaux. L'espace d'adressage est plat. Cela ne simplifie pas la tache des elements de communication (les routeurs) qui doivent aiguiller les donnees vers differents chemins (cf. plus loin) ; - les reseaux IP sont composes de stations, de liaisons physiques (Ethernet, liaisons specialisees...) et de routeurs (aussi appeles parfois ) qui sont des elements de communication qui interconnectent deux ou plusieurs liaisons ; - les donnees sont emises en paquets, appeles datagrammes, qui contiennent de l'ordre de quelques centaines ou quelques milliers de caracteres. Ajoute aux donnees, chaque datagramme contient l'adresse de la station destinataire, l'adresse de la station emettrice, ainsi qu'un numero de port (cf. plus loin). Ces paquets circulent dans le reseau a travers les liaisons et les routeurs, independamment les uns des autres, meme s'ils correspondent, par exemple, au meme fichier transfere. Essayer de facturer le reseau a l'utilisation reelle reviendrait a compter tous les datagrammes qui proviennent de (ou a destination de) chaque numero IP. Quand on sait qu'un fichier de 1 Mo transfere va etre saucissonne en un millier de datagrammes qui vont circuler en ordre disperse sur le reseau, on imagine les quantites d'informations a comptabiliser. C'est pour cette raison que le forfait est le modele de facturation favori. Les routeurs et le routage Quand un routeur, qui assure l'interconnexion entre plusieurs liens, recoit un datagramme, il doit determiner ou l'envoyer en regardant l'adresse de la station destinataire. Cette fonction est designee par le terme routage. Pour resoudre ce probleme, le routeur dispose d'une table (de routage) qui lui indique pour chaque numero de reseau IP (destinataire) le prochain routeur auquel envoyer le datagramme. Un routeur ne connait que le routeur suivant, la prochaine etape et non l'itineraire complet jusqu'au destinataire final. Deux fonctions permettent de faciliter la gestion de la table de routage. Une entree speciale de la table, appelee route par defaut, default route, indique le routeur (qui dans ce cas est aussi appele default gateway) ou doivent etre envoyes les datagrammes pour lesquels il n'y a pas une autre entree dans la table. Cela reduit considerablement la taille de la table de routage des routeurs qui sont de l'Internet, comme le routeur entre un site et le reseau regional. En effet, ce routeur a uniquement besoin de connaitre la liste des reseaux internes. S'il recoit un datagramme dont l'adresse de destination est une adresse de reseau interne, il l'enverra vers l'interieur du site. Dans le cas contraire, quelle que soit l'adresse, il l'enverra vers le prochain routeur sur le reseau regional (ce sera sa route par defaut). Une station de travail ou un micro, raccordes a l'Internet, possedent tout deux une table de routage, avec la meme fonction que dans les routeurs. Dans cette table, il suffit souvent d'indiquer la route par defaut vers le routeur de sortie du reseau local. Cela est realise par la commande route add net default sur Unix ou dans la configuration de la Gateway Address de MacTCP. Mais les routeurs du de l'Internet, qui realisent les interconnexions internationales par exemple, ne peuvent pas avoir une route par defaut (vers ou pourrait-elle pointer ?). Ils ont donc besoin de connaitre la liste de tous les reseaux du monde qui sont reellement connectes sur l'Internet. Et cela en temps reel. Quand on sait que chaque jour des dizaines de nouveaux reseaux sont connectes sur l'Internet, que d'autres disparaissent ou changent de liaisons, une mise a jour manuelle des tables serait tres lourde, voire impossible. Pour automatiser cette tache, les routeurs dialoguent entre eux pour s'echanger leur table de routage. Differents langages, appeles protocoles de routage (comme RIP, BGP, EGP, OSPF, IGRP...), existent pour echanger ces informations. Ainsi, quand sur un site un nouveau reseau de classe C est installe et veut acceder au reseau regional, le routeur de sortie du site avertit en temps reel le routeur du reseau regional, qui lui-meme propage cette information aux routeurs de Renater... Ainsi, de proche en proche, tous les routeurs du de l'Internet sont avertis et mettent a jour leur table de routage. Cette dynamique permet d'absorber les modifications dans tous les reseaux qui forment l'Internet (un ajout de liaison, de reseaux, une coupure de ligne...) en douceur, sans avoir a avertir tous les operateurs des routeurs de l'Internet. Il n'y a donc pas besoin d'un poste de pilotage central de l'Internet. De plus, les taches d'administration de reseau sont legeres et les extensions ou les reconfigurations tres simples. Ainsi, avec la technique IP, l'Internet a pu grossir rapidement sans un effort d'exploitation de la part des operateurs, proportionnel a l'expansion. Le reseau est aussi tres robuste. Si, entre deux interlocuteurs, sur le chemin, une liaison est coupee et qu'il existe un autre itineraire (ce qui est le cas dans les connexions internationales, voire nationales), les routeurs s'adaptent et les datagrammes suivent ce nouvel itineraire sans interruption de la communication. Ainsi, l'Internet peut mieux resister a des attaques militaires, telles que les imaginaient les concepteurs d'ARPANET. Chaque routeur ne connaissant que le routeur suivant et ses routes pouvant changer dynamiquement, il est impossible de savoir avec certitude quel sera l'itineraire emprunte par un datagramme que l'on envoie, a fortiori par une sequence de plusieurs milliers de datagrammes. En consequence, on ne peut pas avoir une idee du debit disponible entre deux utilisateurs (bande passante, largeur du tuyau) et du temps que mettra l'information pour aller de l'emetteur au destinataire (temps de transit). De plus, si un routeur ne sait pas ou envoyer un datagramme ou s'il n'a pas le temps de le traiter (files d'attente pleines...), il le jette sans autre forme de proces (en avertissant eventuellement l'emetteur, mais ce n'est pas obligatoire). IP est pour ces raisons souvent traite de reseau . Or les nouveaux types de trafics, voix et image animee, demandent certaines garanties de qualite de service. Il faut ainsi une bande passante reservee pour chaque communication telephonique ou video, avec des delais de transit faibles et constants. Autrement la voix est inaudible, l'image est hachee et tout est desynchronise. Le reseau telephonique actuel, par exemple, reserve pour chaque communication une bande passante (tuyau) de 64 Kbit/s entre les deux correspondants, avec un delai de transit inferieur a une certaine valeur. L'Internet, base sur IP actuel, est ainsi mal arme pour les nouveaux besoins de communication sur les reseaux informatiques comme la voix et l'image. Mais IP etant actuellement le protocole incontournable et qui marche, de nombreux developpements au niveau des applications, des routeurs... visent a pallier ces problemes. L'autre principe qui a une consequence importante dans un reseau de reseaux est le fait que chaque routeur se base uniquement sur l'adresse du destinataire pour decider ou envoyer le datagramme. Or il serait souvent souhaitable de pouvoir trier avec d'autres criteres. Concretement, on aimerait que certaines liaisons ne soient empruntees que par les datagrammes qui proviennent des sites qui paient cette liaison. Il faudrait donc que les routeurs regardent l'adresse d'origine pour orienter les datagrammes. Cela n'est pas possible actuellement. Devant ces impossibilites techniques les differents operateurs ouvrent generalement leurs liaisons a toute la communaute, en negociant des accords de reciprocite ou de participation au financement avec leurs concurrents. Les noms des stations Pour communiquer avec une station sur l'Internet, on peut le faire en connaissant son numero IP. Mais ce n'est pas tres mnemonique pour les utilisateurs. Il est ainsi preferable d'utiliser des noms. Pour que ca fonctionne, il faut que : - le nom soit unique dans le monde. Il est en effet souhaitable que la commande Telnet ns.urec.fr permette d'acceder a la meme machine que l'on soit a Paris, a Grenoble ou a New York. Pour que cette unicite soit garantie, il faut que quelqu'un gere l'attribution de ces noms, mais avec beaucoup de souplesse, de decentralisation et de dynamisme, pour que chaque fois que l'on connecte une nouvelle station sur l'Internet, il ne faille pas mettre a jour manuellement des millions de tables de noms ; - il y ait un systeme automatique pour faire la conversion nom-adresse. Les datagrammes ne contiennent que des adresses IP, pas de nom. Il faut donc que la station emettrice trouve l'adresse IP de ns.urec.fr pour esperer communiquer avec ce serveur. Les noms des stations sur l'Internet ont une forme appelee domainisee, telle que ns.urec.fr, qui represente une structure arborescente. Ainsi, ns.urec.fr designe la machine qui se trouve dans le laboratoire en France . et sont appeles des domaines. Le monde a ete decoupe en , le dernier suffixe dans le nom. Il y a generalement un par pays (fr pour France, de pour Allemagne, au pour Autriche, jp pour Japon...), dont les deux lettres correspondent au code ISO-3166 du pays. Pour les Etats-Unis, qui sont a l'origine de ce nommage qui n'etait peut-etre pas prevu initialement pour devenir mondial, ont plusieurs : gov pour les agences gouvernementales, mil pour l'armee americaine et us (avec comme sous-domaines les codes des Etats) pour une classification geographique (lycees, particuliers...). On trouve encore arpa pour d' sites venant de ARPANET. Pour les entites americaines ou les entites qui couvrent plusieurs pays, il y a com pour les entreprises commerciales, edu pour l'enseignement superieur et la recherche, net pour les operateurs de reseaux, org pour ce qui ne peut pas etre classe ailleurs, et recemment int pour les organisations creees par des traites internationaux ou les bases de donnees internationales. Sous chaque , on trouve comme noms de domaines les noms d'organisations. Ainsi, sous fr sont declares plus de 600 domaines differents, tels que bnp.fr (Banque nationale de Paris), edf.fr (Electricite de France), mindef.fr (ministere de la defense), merlin-gerin.fr (Merlin Gerin), univ-lyon1.fr (universite de Lyon 1), cnrs-lish.fr (laboratoire d'informatique pour les sciences de l'homme du CNRS). Sous chacun de ces domaines, on pourra trouver des noms de machines, ou, de nouveau, des noms de domaines, si l'organisation souhaite installer une separation au sens des noms entre les structures internes (par exemple, chaque direction dans une grande entreprise). Pour chaque il y a un gestionnaire officiel (NIC) qui attribue les noms des domaines de niveau 2. Une fois qu'une organisation a obtenu un nom de domaine aupres du NIC dont elle releve, c'est elle qui affecte librement un nom a chacune de ses machines. Ce systeme permet l'unicite des noms. Il reste le probleme de la correspondance nom-adresse IP, aussi appelee resolution de nom. Cela peut etre realise en consultant et en maintenant a jour manuellement une table sur chaque machine (fichier /etc/hosts sous Unix). C'etait courant, ca tombe en desuetude, car chaque nouvelle machine que l'on veut atteindre doit etre ajoutee manuellement dans cette table. Avec cette methode, on ne peut pas utiliser des logiciels de navigation tels que Mosaic, qui permettent d'acceder de maniere transparente a des milliers de machines. Ce qui est maintenant utilise dans tout l'Internet est le systeme DNS (Domain Name System), forme de bases de donnees, de serveurs et de logiciels d'interrogation. En simplifiant, voici le principe. Pour chaque domaine de niveau 2 (organisation), il y a une base de donnees, souvent stockee sur une machine dans le domaine, qui contient le nom et l'adresse de toutes les stations du domaine. Cette base est geree tout a fait localement par l'administrateur du reseau local, qui ajoute le nom de chaque nouvelle station connectee dans son domaine. Cette base est consultable depuis n'importe quelle station sur l'Internet, la machine qui l'heberge est appelee serveur de noms du domaine. Pour chaque il y a une base de donnees (hebergee sur une machine) qui contient l'adresse IP de tous les serveurs de noms des domaines de niveau 2. En France, la machine inria.inria.fr (192.93.2.1) contient ces informations. Elle est serveur de noms pour le domaine .fr. Elle contient les adresses des serveurs de noms des domaines bnp.fr, edf.fr... A la racine de l'arbre, une machine connait les adresses IP des serveurs de noms de chaque (.fr, .de...). Si, sur un domaine de niveau 2, le serveur de noms de ce domaine connait l'adresse de cette machine , il peut, en interrogeant successivement les serveurs ad hoc, trouver l'adresse IP de n'importe quelle station sur l'Internet, en connaissant un nom. Concretement toutes les bases de donnees, a tous les niveaux, sont dupliquees automatiquement sur plusieurs machines pour que si un serveur de noms est en panne ou est inaccessible un autre puisse repondre. Sur les stations des utilisateurs, il suffira d'indiquer l'adresse IP du serveur de noms du domaine local (ainsi que des serveurs qui ont la copie de la base). Cela est fait dans le fichier /etc/resolv.conf sur la plupart des Unix, ou dans dans la configuration de MacTCP. Quand la station aura a resoudre un nom, elle interrogera ce serveur de noms qui saura trouver la reponse. Les serveurs de noms sont geres par les administrateurs de reseaux, l'utilisateur n'a qu'a configurer sa station correctement pour pointer vers le bon serveur. Numeros de ports Chaque type d'application utilise sur l'Internet a un identifiant unique, un numero unique et connu de tous, appele wellknown port number. Ainsi, Telnet est identifie par le numero 23, la messagerie 25, Gopher 70. C'est ce que vous voyez apparaitre dans certaines notations designant des documents (URL, Uniform Ressource Locator, par exemple), dans certains fichiers de configuration, ou dans certains messages d'erreur. Chaque datagramme IP vehicule cet identifiant. Lorsqu'une station ouvre un dialogue Telnet, tous les datagrammes IP qui contiennent les donnees de ce dialogue auront l'indication <23>. Cela permet a la station destinataire qui recoit de nombreux datagrammes IP pour differentes applications d'orienter les donnees recues avec l'indication 23 vers le programme serveur Telnet (telnetd, par exemple, sur Unix). Le succes de TCP/IP TCP/IP est integre dans le noyau d'Unix, et de nombreuses applications (Telnet, FTP, mail...) font aussi partie de ce systeme. TCP/IP est donc gratuit pour un utilisateur avec une station Unix. Cette gratuite ainsi que la puissance americaine, les Etats-Unis, etant a l'origine de tout ca, pourraient expliquer le succes de TCP/IP. Ce ne sont peut-etre pas les points cles. C'est certainement parce que les principes de TCP/IP sont d'abord tres simples. Cela a facilite les developpements sur differentes plates-formes et les interoperabilites. Un protocole tres performant mais complexe demandera beaucoup de mises au point pour fonctionner entre des materiels issus de constructeurs differents. Ensuite, c'est aussi parce que ce ne sont pas des protocoles concus par et propriete d'un constructeur informatique particulier. Apres avoir beaucoup regrette de s'etre laisse enfermer dans le monde de certains grands constructeurs, les responsables informatiques ont vu d'un tres bon oil l'arrivee d'un protocole independant et ouvert. Les instances Il n'y a pas d'entite qui controle l'ensemble de l'Internet, neanmoins il survit a ce vide. Mais, la technique TCP/IP decrite plus haut impose quelques entites coordinatrices . Cette formule est inhabituelle dans un pays tres reglemente comme la France, mais elle reflete bien la realite de l'Internet. Ces structures officialisent les standards RFCs et delivrent les numeros de , de reseaux IP et les noms de domaines. Elles sont aussi le lieu ou des consensus peuvent s'etablir entre les differents protagonistes, en particulier les operateurs des reseaux qui forment l'Internet. Il faut bien que ces gens-la se rencontrent et se mettent d'accord sur un minimum de choses. En fait, ces entites, dont quelques-unes sont decrites ci-dessous, avec des simplifications, controlent la . Ce qui pourrait etre vu comme la representation de la communaute Internet est l'ISOC, l'Internet Society. C'est une societe savante a but non lucratif qui a ete creee en 1991 pour accompagner l'evolution technique de l'Internet, promouvoir son utilisation dans toutes les communautes (scientifiques, academiques, industrielles...) et aider au developpement de nouvelles applications. Elle fournit un forum pour des discussions et des collaborations entre operateurs et utilisateurs (ces formules sont une traduction des objectifs de l'ISOC, ce qui explique la langue de bois...). Elle edite une revue trimestrielle et tient une conference annuelle. Elle heberge l'IAB (cf. ci-dessous). Toute personne peut devenir membre de l'ISOC au prix de 70 $ par an. Le fait que l'ISOC ait ete creee tres tard, bien apres l'expansion de l'Internet, montre bien que ce reseau s'est construit depuis la et que ce n'etait pas un projet planifie. Ainsi, des structures formelles sont apparues a posteriori, quand le besoin s'en est fait sentir. Il n'est pas exclu que de nouvelles apparaissent... L'IAB, l'Internet Architecture Board, peut etre considere comme l'autorite supreme. Cela ressemble a un conseil des sages ou des anciens, conseil ou siegent des scientifiques reconnus pour leurs competences techniques dans le domaine des reseaux informatiques. Volontaires, ils ne sont pas remuneres pour cette tache et ont d'autres activites. L'IAB controle et impulse les evolutions techniques de l'Internet. Il les RFCs en cours, encourage la sortie de nouveaux quand cela est necessaire, et supervise ainsi les travaux de l'IETF et de l'IRTF. Il fixe les regles d'attribution des adresses de reseaux et des noms de domaines. Le president de l'IAB est actuellement un Francais, Christian Huitema, directeur de recherche a l'INRIA de Sophia-Antipolis. L'IETF (Internet Engineering Task Force) veille globalement a la bonne marche du reseau et propose les evolutions techniques, en termes de standards et d'architecture a court ou moyen terme. C'est la principale source de propositions de RFCs (qui sont soumis ensuite a l'IAB). C'est un ensemble de groupes de travail ouverts, les membres etant des experts (souvent des ) qui consacrent une part de leur temps a cette activite. L'IETF se reunit trois fois par an, mais travaille beaucoup entre les reunions par messagerie electronique. L'IRTF (Internet Research Task Force), moins connu, est une autre structure equivalente a l'IETF mais pour les evolutions a plus long terme. On y fait donc plus de travail theorique et de recherche. L'IANA (Internet Assigned Numbers Authority) est le bureau charge de l'enregistrement des numeros de ports (applications), des numeros de reseaux, des noms de domaines et d'autres codes. Devant cette tache enorme, il delegue l'affectation des numeros de reseaux et des noms de domaines a des NIC (Network Information Center). Ces delegations sont faites generalement par pays ou par operateurs de reseaux. En Europe RIPE (Reseaux IP Europeens) joue un role primordial. C'est le NIC pour l'Europe, qui re-delegue une partie de cette fonction a d'autres NIC dans les pays europeens ou a des operateurs de reseaux europeens. RIPE gere aussi une base de donnees contenant tous les numeros de reseaux IP et les noms de domaines europeens (avec les adresses des sites, des administrateurs...). C'est aussi un lieu d'echange entre les experts IP, operateurs de reseaux... En France, une petite structure, hebergee a l'INRIA, assure la fonction de NIC. Ainsi ces structures tres legeres permettent de coordonner techniquement ce qui se passe sur l'Internet. A noter que les definitions donnees ci-dessus sont tres reductrices et que le role de ces structures evolue dans le temps. Mini glossaire Voici la definition de quelques termes avec le sens dans lequel ils sont employes dans ce document. Adresse electronique : equivalent de l'adresse postale pour la messagerie electronique. Exemple : Jean-Luc.Duval@urec.fr Adresse IP : adresse affectee a chaque station connectee sur l'Internet et plus generalement a tout equipement informatique qui utilise le protocole TCP/IP. Elle est formee de 4 octets notes sous forme decimale, separes par des points. Exemples : 129.88.55.20, 193.53.53.42 Archie : nom du service (ou du serveur) sur l'Internet qui permet de localiser des fichiers accessibles par FTP anonyme. Le serveur archie francais est archie.univ-rennes1.fr ARPANET : reseau experimental americain cree dans les annees 1970 pour interconnecter des centres de recherche. Abandonne aujourd'hui, il a permis de tester les protocoles et les logiciels actuellement utilises par l'Internet Bande passante : debit maximum utilisable sur une liaison (grosseur du tuyau). Generalement donne en bits par seconde, nombre de bits que l'on peut transmettre en une seconde sur la liaison, note bit/s, bps ou b/s CCITT : Consultative Commitee for International Telegraph and Telephone. Organisation internationale qui etablit des normes (recommandations) de telecommunication. Est maintenant devenue ITU Classe C : designe certaines adresses de reseaux IP dont le premier octet est compris entre 192 et 222 et dont la partie adresse de reseau est constituee des 3 premier octets. Exemple : 193.55.55.0 Client : consommateur (utilisateur, logiciel ou machine) qui demande un service (une connexion, un document, ...) a un serveur (machine ou logiciel) Communaute Internet : les utilisateurs de l'Internet Convivial (logiciel, interface): qui est simple et agreable a utiliser Datagramme (IP) : groupe d'octets (de l'ordre de quelques centaines) qui circule sur le reseau Internet, provenant d'une station et a destination d'une autre station Debit : vitesse a laquelle sont transmis les bits sur une liaison DECNET : protocoles et produits de communication developpes par Digital Equipement Corporation (DEC) Default route (route par defaut) : dans la table de routage IP, entree qui indique la route que doivent suivre les datagrammes pour lesquels il n'y a pas d'autre route explicitee dans cette table DNS : Domain Name System, systeme d'annuaire distribue sur l'Internet qui contient principalement les noms et les adresses IP des stations. Il sert a faire la conversion nom-adresse IP Domaine public (freeware) : qualificatif des logiciels que l'on peut librement utiliser gratuitement EARN : European Academic Research Network. Reseau connectant des universites et des centres de recherche en Europe et qui utilise des protocoles de communciation IBM. Bitnet est l'equivalent aux USA Equipement de communication : materiel (modem, commutateur, routeur, ...) qui realise des fonctions obligatoires sur un reseau (connexion de differentes liaisons, adaptation des signaux electroniques,...) et transparent pour l'utilisateur Ethernet : type de reseau local qui a un debit de 10 Mbps. Tres similaire a IEEE802.3 Freeware : cf "Domaine public" FTP : File Transfer Protocol, nom du protocole et de l'application utilises communement sur l'Internet pour transferer des fichiers FTP anonymous (FTP anonyme) : utilisation de l'application FTP pour, cote serveur, mettre a disposition des documents et cote client, y acceder librement (sans mot de passe) FYI : For Your Information, RFC qui ne definit pas un standard mais a un but d'information des utilisateurs Gopher : protocole et application qui permettent d'acceder a des informations sur l'Internet de maniere conviviale. Il y a des logiciels clients et des logiciels serveurs gopher IAB : Internet Architecture Board, groupe technique qui supervise le developpement de l'Internet et controle l'IETF IANA : Internet Assigned Numbers Authority, bureau central d'enregistrement des numeros de ports, de reseaux IP, ... sur l'Internet IETF : Internet Engineering Task Force, ensemble de groupes de travail qui, en particulier, definissent les evolutions techniques (nouveaux standards) de l'Internet Infrastructure (d'un reseau) : liaisons (cuivre, optique, satellite, ...) et equipements de communication ISOC : Internet Society, societe savante dont de but est de promouvoir l'Internet ITU : International Telecommunications Union, cf CCITT Kbps : Unite de debit de liaison, milliers (kilos) bits par seconde MacTCP : logiciel de communication sur Machintosh Mbps : million de bits par seconde. Unite de debit de liaison Mosaic : logiciel client tres convivial pour acceder a des informations sur des serveurs WWW, FTP anonymous, Gopher, ... sur l'Internet Net : reseau informatique News : ensemble de forums electroniques sur l'Internet Newsgroup : un forum electronique. Un forum a un sujet NIC : Network Information Center, terme generique pour designer l'equipe qui a principalement des taches administratives (enregistrement des acces, distribution de noms et d'adresses), d'assistance aux utilisateurs et de diffusion d'informations sur un reseau NOC : Network Operation Center, designe les personnes qui font marcher (installent, surveillent, reparent, ...) les equipements sur un reseau Nom domainise : forme de nom utilise sur l'Internet pour designer une station. Exemple : ftp.urec.fr Numeris (RNIS) : reseau informatique et telephonique francais qui offre des debits de 144 Kbps a domicile. Il necessite un abonnement particulier Oleane : prestataire de service d'acces a l'Internet en France Operateur : groupe qui fait fonctionner les equipements de communication d'un reseau Port (numero de) : numero attribue a chaque application standard utilisee sur l'Internet. Exemple : telnet a pour numero de port 23 Protocole de communication : description d'un ensemble de regles que doivent suivre les equipements de communication et/ou les stations pour echanger des informations Protocole de routage : protocole entre les routeurs (et/ou les stations) pour mettre a jour dynamiquement leur table de routage Renater : Reseau National de Telecommunication pour l'Enseignement et la Recherche (en France) RFC : Request For Comments, document qui generalement definit un standard de communication ou une application sur l'Internet RIPE : Reseaux IP Europeens, groupe technique reunissant les reseaux Europeens qui utilisent TCP/IP donc qui font partie de l'Internet Routage : processus qui, dans les routeurs en particulier, permet de determiner ou envoyer les datagrammes Routeur : equipement reseau qui interconnecte differentes liaisons et retransmet les datagrammes vers la bonne destination Serveur : machine ou logicel qui offre des services (du temps CPU, des documents, ...) a un client, consommateur (utilisateur, machine ou logiciel) Serveur de noms : logiciel serveur qui fait partie du DNS et qui repond a des requetes qui demandent par exemple l'adresse IP d'une station en fournissant le nom domainise de cette station Service : tout ce que peut apporter un reseau. Les applications utilisables sur un reseaux sont des services Shareware (logiciel) : qualificatif d'un logiciel qui indique que ce logiciel est diffuse librement mais que pour l'utiliser il faut envoyer une somme modique au concepteur SNA : Systems Network Architecture, ensemble de protocoles et de logiciels de communication developpes par IBM Station : equipement informatique (micro-ordinateur, station de travail, ...) connecte a l'Internet RFC : Request For Comments. Document qui decrit un protocole de communication ou une application sur l'Internet. C'est Le standard TCP/IP : Transport Control Protocol/Internet Protocol, protocoles de communication utilises sur l'Internet Table de routage : table utilisee par les routeurs et les stations pour decider vers quelle direction envoyer les datagrammes, suivant l'adresse IP de la station destinataire Teletel : reseau qui permet d'acceder a des serveurs videotex, en utilisant un minitel et le reseau telephonique Telnet : protocole et application utilises sur l'Internet pour se connecter a distance sur une station en mode terminal Transpac : reseau public national francais qui utilise le protocole de communication X25 Wais : Wide-Area Information Servers, systeme qui permet de creer, rendre accessible et acceder a des bases de donnees indexees WWW : Word Wide Web, systeme d'information reparti, base sur des documents en hypertext. Mosaic est un des logiciels client qui permet d'acceder aux serveurs WWW X25 : norme CCITT definissant un protocole de communication X400 : norme CCITT de messagerie electronique